Pouffe mais, point trop n'en faut !

Pouffe mais, point trop n'en faut !

A un homme dans les nuages...


     Cette semaine est assez éprouvante nerveusement pour moi. J’ai appris la mort de mon grand-père et celle d’un ami à une journée d’intervalle… Ces nouvelles m’ont beaucoup affecté comme vous pouvez vous en douter. Mais, je ne tiens pas à vous parler de ma souffrance ici. Déjà, j’en serais incapable même si je le voulais, et ensuite ce n’est pas d’une grande importance. Je souhaiterais plutôt vous faire découvrir un être que je n’ai pas longtemps côtoyé, mais qui est resté bien ancré dans mon âme.

 

Mon ami était bien plus âgé que moi. À l’époque, je n’avais pas plus de 4/5 ans. J’étais anorexique depuis 2 ans. La première fois qu’il m’a vu, il a dit que je ressemblais à un petit oiseau. Son grand-frère ne voulait pas vraiment avoir affaire à moi. Une gosse dans les pattes quand on a presque 18 ans, c’est gavant. Mais lui, il a tout de suite voulu me montrer et m’apprendre des choses. Il m’a emmené dans le jardin pour planter une fleur, puis il m’a montré comment monter une tente.
J’ai grandi dans un univers quasi exclusivement féminin… Ce qui fait que personne ne se chamaillait jamais avec moi, ne me portait ou ne me courrais après. Lui, il me faisait faire l’avion, il me portait sur ses épaules et il me courrait après. Par contre, il ne me rattrapait jamais. J’étais trop rapide pour lui disait-il. Il m’envoyait en l’air aussi. Mais pas trop haut, sinon je risquais de m’envoler, de m’asseoir sur un nuage et de ne jamais vouloir redescendre…
Il m’a aussi dit que lorsque j’étais triste et que je ne voulais/pouvais pas en parler à ma maman, il me suffisait de parler à mon chat. Tous les chats sont des êtres très intelligents qui peuvent tout comprendre et qui savent très bien garder les secrets. Par contre, il fallait toujours que je vienne lui en parler, au cas où il serait possible de trouver une solution..

Il était très beau et très grand. Petite, la grandeur était quelque chose qui me fascinait. Quand il me prenait sur ses genoux, je disparaissais complètement dans ses bras. Pour moi, c’était le summum du sentiment de sécurité. Je suis tombée follement amoureuse de lui. Mais du haut de mon jeune âge, je me suis vite rendu compte qu’il y avait « incompatibilité », aussi ai-je voulu qu’il devienne mon grand frère. La encore, on m’a annoncé que ça n’était pas possible. J’ai beaucoup pleuré et suis allée me plaindre auprès de lui. Il m’a expliqué que les adultes ne comprenaient jamais rien et que c’était lui et lui seul qui pouvait décider d’être mon grand frère ou non. Dans le plus grand secret, je suis devenu sa petite sœur…
Comme je mangeais très peu, il avait trouvé plein de bonbons de différentes formes, odeurs, couleurs. Il m’a demandé de l’aider car il était incapable de savoir lequel était le meilleur.
J’avais vraiment peur du noir. Mais, sur les habits seulement… Il m’a dit que j’étais une petite étoile et que c’est seulement sur le noir que les étoiles peuvent briller. J’ai enfin accepté de porter mon pyjama noir, pensant que dans la nuit, je deviendrais lumineuse.

 

Je ne vous raconte que ces anecdotes d’enfant parce que lorsque je l’ai connu, j’étais une enfant. Après, je ne l’ai plus jamais revu. J’avais simplement des nouvelles par sa mère. Cela m’a beaucoup manqué, mais je repensais à tous ces moments merveilleux à ses côtés. Surtout qu’il n’a guère changé par la suite. Il est devenu un homme débordant de poésie, de sensibilité et de chaleur humaine. Malheureusement il a été très souvent incompris et méprisé pour sa différence. Il en a beaucoup souffert. Au point de se refermer sur lui-même, de ne plus voir personne et de finir par s’ouvrir les veines. La vie s’est accrochée à lui, mais il a reçu toujours plus d’incompréhensions et de jugements… Pourquoi les gens se sentent-ils obligés de critiquer ce qui est différent ? Il ne faisait de mal à personne ! Mais, je pense qu’il renvoyait bien trop d’amour et d’altruisme. Face à des personnes qui en sont incapables elles-mêmes, c’est fatal…

Et là, hier, il a décidé d’aller s’asseoir sur un nuage pour ne  plus jamais en redescendre…

                                        A Thierry avec tout mon amour de petite fille que j’ai toujours.




27/03/2013
7 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 20 autres membres