Pouffe mais, point trop n'en faut !

Pouffe mais, point trop n'en faut !

Faire l'amour dans sa tête.

    « Je peux définir l’amour : l’amour, c’est la possibilité de se dissimuler dans un être, d’oublier qu’on existe (…). Je deviendrai normale pour garder son corps. Je garderai son corps. »
 
            Tiré de « Joséphine » de Jean Rolin.

  Pourquoi cette citation me demanderez-vous *les yeux brillants de curiosité* ? Et bien parce que lorsque je l’ai lu, j’ai été obligé de reposer mon livre tellement cette phrase m’avait coupé les pattes. D’un coup, mes neurones ont disjoncté et je n’avais plus la lumière à aucun étage *déjà, qu’habituellement j’ai les circuits qui vacillent sévère, alors je vous laisse imaginer* ! Donc, il faut que je le partage avec vous pour réussir à comprendre. Peut-être qu’à travers des mots écrits et réfléchis pouvoir bien intégrer cette nouveauté. Pour réussir à imprimer dans mon esprit que je suis en train de faire la paix avec l’acte d’amour…
Bien évidemment je ne vous parlerais pas du frottis frottas, au demeurant assez sympathique, cela ferait un tantinet vulgaire et vous n’avez pas besoin de ma contribution à ce niveau-là… Non, je souhaitais plutôt essayer de décrire mes sentiments. C’est un exercice de style sur lequel pas mal de monde s’est pété les dents avant moi. Donc, je ne vous promets pas d’être mieux… Simplement d’être moi *ce qui sera déjà pas mal*.

 

Pour moi, l’amour a toujours été un acte plus ou moins bizarre. Plus ou moins tabou. Plus ou moins dégueulasse… Non mais c’est vrai quoi ! Sortie de la sueur qui te scotche au corps de l’autre *et qui fait des bruits disgracieux d’éponges détrempés*, de la bave que l’on s’échange en litres, des cris bestiaux ou l’on se demande si l’on n’est pas en train de tuer la vache du fermier de chez mamie et de l’odeur de tigre que l’on aurait laissé macérer dans un sauna, bien… il ne reste plus grand chose ! Comme vous pourrez aisément le noter : je suis très fleur bleue…
J’ai tenu à citer cette phrase avant de commencer car elle représente, en mieux et en mots, les sensations que je puis avoir… Quand je faisais l’amour ce qu’il me manquait c’était cette impression de ne pas pouvoir être en entier à l’intérieur du corps de l’autre. J’avais une frustration aiguë d’avoir besoin de quelque chose qui était tellement grand et inhumain que je pensais que je ne l’aurais jamais. Et puis… un jour… j’ai  vus la lumière ! Naan, je blague *faut pas gobber tout ce que je raconte bande de petits foufous !* mon évolution a pris de nombreuses années et n’est certainement pas finie. Mais là n’est pas le problème car je pense qu’il est surtout bon d’être en accord avec soi-même à n’importe quel stade de notre évolution amoureuse et corporelle. Hors ça n’était pas mon cas. Donc, il y avait un souci…

Alors au fur et à mesure, j’ai accepté de me faire à l’idée que c’était une marque d’attachement comme une autre et non une sorte de « pacte » (je couche donc tu m’aimes, hein ?). J’ai plus ou moins compris que mon corps pouvait être beau dans les yeux et sous les mains d’un homme que je considérais merveilleux. Certains hommes arrivent à vous faire croire que vous êtes un substitut de poupée gonflable. Et puis, il y a les autres ! Ceux qui font de votre corps, de votre âme et de votre dignité un trésor inestimable… Là même mes bleus dans la tête disparaissent. J’ai enfin le droit de croire que mon corps à une justification à vivre : il doit m’aider à créer quelque chose dans l’âme de mon homme d’aussi grand que son corps à lui m’apporte *assures petit, me fout pas la honte !!!*. Tout mon esprit n’est envahi que par une montée d’amour exponentielle. C’est si fort que j’ai une sensation d’implosion imminente si je ne fais pas quelque chose pour le sortir. En moins de 3 secondes, je vous repeins la pièce et mon homme en rose barbe à papa *serais même pas surprise de postillonner des fleurs tiens…*. Et c’est arrivé à ce stade que je peux « m’oublier », ne plus ressentir le poids et l’encombrement de ce corps que je n’arrive pas à supporter. Mon passé, aussi douloureux soit-il, n’existe plus. Aux endroits où d’autres ont porté des coups, les baisers de l’homme viennent laisser une nouvelle marque plus jolie. J’ai l’impression que ces mains là pourraient reconstruire à elles seules ce que d’autres se sont évertué à briser. J’ai un nouveau corps sous ces mains. Je suis nouvelle. Petite créature vaporeuse née de et par l’amour des mains et du regard d’un homme. C’est beau et c’est angoissant à la fois car j’ai la frayeur que l’homme puisse voir le changement s’opérer sous ses yeux. J’ai l’impression qu’à l’instar de Cendrillon, je vais cesser d’être un petit crapaud et devenir une merveilleuse créature. Merveilleuse créature que je ne serais plus dès que l’homme se sera « déconnecté » de mon corps.

C’est l’homme en moi qui me transforme. Lui et moi créons une sorte de nouvelle personne qui exclus qui que ce soit d’autre. Je suis seule au monde accrochée au corps de l’homme qui n’existe que pour moi. Cet instant, personne ne pourra me le voler quoi qu’il puisse advenir par la suite. C’est mon trésor, ma propriété. Par son attente de ce que mon corps peut lui apporter, il me pousse à être la femme que j’ai peur d’être. Il m’oblige à lui donner une féminité que je me refuse à moi-même. Peut-être parce que je sais qu’elle ne me comblerait pas. Ou peut-être parce qu’elle me ferait trop honte… Alors que dans le reflet des yeux de l’homme, la honte est une notion qui ne signifie plus rien. Il l’a rayée de mon champ émotionnel. De quoi pourrais-je avoir honte avec quelque chose d’aussi pure que l’amour que je suis en train de ressentir à son égard ? Il n’y a que la légèreté de l’esprit qui soit de mise ainsi que la satisfaction de faire quelque chose d’unique qui ne se reproduira jamais exactement de la même manière. C’est cela qui est magique : savoir qu’il y a aura toujours des détails, des actes, des sensations qui seront obligatoirement différentes à l’avenir et qui permettront d’exprimer sa passion de l’autre de mille manières.

Se sentir désiré apporte tellement de satisfaction personnelle. Il me semble que c’est toujours une surprise chez moi. Comment peut-on avoir envie d’un corps que l’on a déjà eu ? J’ai l’impression de ne plus avoir de secrets à force, de ne plus avoir d’attraits. Trop vus, trop usée. Et pourtant… Alors il s’agit d’autre chose. Mais si je mets la situation en sens inverse, normalement, je ne me sens jamais lassée de l’homme que j’aime. Parce qu’il aura toujours un détail nouveau à m’apporter. Parce que je crois que je n’ai pas fini de le découvrir ou re-découvrir. Tout bêtement aussi parce que je ne cesse pas d’aimer le chocolat noir après des années à en manger, pourquoi en serait-il autrement de mon homme ? On continus de consommer ce qui nous apporte une satisfaction ! Hors rien que pour pouvoir me perdre dans son corps tellement je lui fais confiance, l’envie est vivante. C’est un peu une façon de lui « donner les clefs de la maison » et de lui dire « bon bien moi, je me tire, je te laisse prendre soin de tout ». Avant je sacrifiais mon corps pour avoir « la paix ». Maintenant je laisse l’homme le prendre s’il le veut. Alors oui, d’une certaine façon, je suis passive. Mais le plein accord en toute conscience est là.

     Au final l’amour c’est quoi ? Et bien à mon humble avis, cela dépend de ce que l’on fait et comment. Tout peut-être fait, rien est sale à partir du moment ou l’émotion est partagée équitablement. Il faut se sentir homme ou femme digne de ce nom, dans le regard de l’être aimé. Le moindre doute et cet équilibre fragile est à terre…Et vous, comment vous ressentez votre acte amoureux ?

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27/11/2013
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