Pouffe mais, point trop n'en faut !

Pouffe mais, point trop n'en faut !

Le poids de l'incompréhension.

 

      N.B : Violent racontage de life à venir. Préparez-vous des pop-corn et un paquet de mouchoirs taille familiale. Je vous aurais prévenu !

Il y a un événement dont je n’ai jamais parlé sur mon blog et très peu de vive voix. Ça n’est pas forcément par pudeur ou honte, ou je ne sais quoi d’autre. C’est simplement parce que je sais que l’on ne peut rien faire pour moi. C’est trop encré. J’ai grandi avec, je me suis construite avec. Maintenant il est trop tard…

Mon grand-père était un très gros fumeur et cela depuis qu’il était très jeune. À cette époque, on parlait bien moins que maintenant des ravages du tabac. Néanmoins, il était malade et c’était un fait avéré que c’était dû au tabac. Ma grand-mère aussi cumulait cancer sur cancer à cause du tabagisme passif. C’était reconnu comme tel. Donc, tout le monde était bien au fait de ou se situait le problème…
Néanmoins mon grand-père fumait toujours dans la maison. Ma grand-mère rentrait dans des rages folles quand elle voyait ou sentait cela. Pour ma part, j’étais toute petite. Je ne comprenais rien de tout ce qu’il se passait et pourquoi. Vu que j’étais toujours dans les pattes de mon grand-père, il m’a prise comme confidente et « couverture ». Je l’écoutais m’expliquer qu’il était impossible pour lui d’arrêter. Que c’était trop dur. Que l’on en attendait trop de lui. Je surveillais que ma méchante mère ou ma vilaine grand-mère ne viennent pas, pour ne pas qu’il se fasse « gronder ». J’avais l’impression de partager un « secret de grande personne ».
Puis, un jour il est allé à l’hôpital. Et, ensuite en soins palliatifs. Et il est mort…

Avec le temps, j’ai compris. J’ai compris que ce « secret » était ce qui l’avait fait mourir. J’ai compris que ce « secret » était aussi la cause de la longue souffrance de ma grand-mère puis de sa mort. J’ai compris à quel point il avait du être horrible pour elle de subir chimios sur chimios tout ça parce que son mari n’était rien d’autre qu’une petite b*te incapable d’arrêter une addiction au demeurant des plus softs.

J’ai eu honte… Honte de voir que le soi-disant amour ne sert à rien face à un incapable. Honte de n’avoir été d’aucune utilité pour au moins lui donner l’envie d’essayer d’arrêter. Honte d’avoir été utilisé dans le but de pouvoir se foutre de la souffrance d’une autre personne.

À partir de ce jour, j’ai toujours eu un besoin profond de « servir à quelque chose ». J’ai toujours eu l’impression de devoir « justifier » mon existence…

Mais rien ni personne ne m’a jamais aidé dans le domaine. En grandissant, j’ai dû faire face aux menaces de suicides assez répétés d’un membre de ma famille. Une fois de plus, j’ai reçu en pleine figure la preuve de mon inutilité.
Et, ensuite, je me suis toujours débrouillée pour tomber sur des mecs assez « problématiques ». Un qui avait des problèmes assez importants avec sa mère. Je n’ai été là que pour éponger son comportement autodestructeur avec de multiples jeunes demoiselles. Un qui avait des problèmes d’alcool au point de cacher des bouteilles sous son lit. Un qui avait vu son ego piétiné par son propre père et qui cherchait à le reconstruire en détruisant le mien. Un qui idolâtrait son ex au prix de sa propre estime et de la mienne. Et un qui n’arrivait pas/ne voulait pas se détacher de la clope sous prétexte qu'il ne voulait pas que je détruise son libre-arbitre.
À chaque fois, ça n’a été qu’échecs successifs pour moi. Je n’ai fait que ressentir mon inutilité. Je revenais toujours à ce point de départ où je ne pouvais me substituer à rien ni personne. Je n’ai jamais pu aider qui que ce soit de ma vie, comme ça direct sans avoir à en passer par la case souffrance et abnégation de ma personne. Je n’ai toujours été là qu’en tant que spectateur encombrant d’une vie que l’on ne voulait pas partager positivement avec moi. Je ne sers à rien. À rien d’autre qu’à me prendre des claques dans la figure ou à être ignoré. Chacun vis ses malheurs en m’en aspergeant quand bon lui semble.

Et j’accepte. J’accepte parce qu’il faut que je rachète ma faute d’être né pour rien. Je paye le prix d’un secret trop lourd pour des épaules d’enfant…

 

Ps : Je n’ai pas fait cet article pour jouer ma Causette et chouiner ma race. Je l’ai fait uniquement pour que vous compreniez ce que c’est que d’imposer à vos enfants le poids du tabac (ou tout autre addiction), de votre maladie puis de votre mort.

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31/12/2013
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