Pouffe mais, point trop n'en faut !

Pouffe mais, point trop n'en faut !

La force née du trauma

 Avis : il est fait mentions de viols et d'agressions physiques. Si pour vous ces passages peuvent être trop difficiles à lire, je les ai mis entre crochets et plus petits caractères pour vous les éviter. :-)


   Quand on a vécu des traumatismes la vie deviens à double tranchant. Soit cela nous donne la force de combattre d’autres choses moins graves. Soit cela nous à vraiment trop usé et tout ce qui arrivera ensuite ne fera que continuer d’abîmer un être déjà bien détruit qui n’en peux plus.



  Je me souviens de la période ou mon fiancé m’a quitté et que j’ai dû réaménager chez ma mère. Après plusieurs années de relation mon monde avec lui s’effondrait. Je devais partir alors que je l’aimais toujours. Je devais me faire à l’idée que j’allais être seule alors que je n’en avais plus l’habitude. Je devais accepter l’insulte qu’il vivait déjà avec une autre femme. Et enfin il me fallait voir que notre relation était pourrie depuis déjà pas mal de temps.
Malgré tout, je ne l’ai pleuré que pendant 3 jours. 3 jours à être effondrée. 3 jours à trimballer mon nez plein de morve et mes yeux de têtard affligeants à travers l’appart de ma mère. Puis plus rien. J’ai séchée mes larmes, je me suis remaquillée, habillée convenablement, j’ai arrêté de parler de lui et tout est repartis. Et cela à fait parlé dans mon dos… On en a conclu que je ne l’aimais pas tant que ça. Parce que LE véritable amour on met des mois, voir pour certaines personnes des années à s’en remettre. Alors moi et mes 3 jours… C’était bidon. La preuve que je ne savais pas ce que c’était que d’aimer.


Ça n’est pas que je ne sache pas ce que c’est que d’aimer, bien au contraire je pense… C’est plutôt que je connais bien trop la souffrance.

Que représente une rupture amoureuse face au souvenir d’une tournante ? <Le souvenir d’un matelas dégueulasse au fond d’une cave. Le souvenir de plusieurs mecs qui t’abandonnent sans un regard, après t’avoir recouverte de sperme et que tu nage dans ton propre sang. Le souvenir de cette impression de mort imminente tellement ton corps te renvois la sensation qu’on est en train de le déchiqueter. Le souvenir de ce que j’ai ressentis à l’idée de devoir me relever et prendre le bus pour rentrer chez moi dans cet état là>. C’est véritablement ce jour là que mon monde s’est réellement cassé la gueule. C’est ce jour là que je suis morte véritablement.
Alors la rupture à côté… Surtout que j’ai pu revenir chez ma mère. Certes ça n’a pas été drôle mais ça l’a plus été que si je m’étais retrouvée à la rue ou dans un studio miteux. J’ai trouvé la douleur bien plus douce. Et logique… En soit, on est tous passé par la douleur d’être quitté. Et on y passera peut-être à nouveau. Donc de la douleur mais de la douleur « normale », « humaine ».


  Idem pour ce qui est d’apprendre que mon mec à couché avec une autre (ou tout autres choses qui mettent l’exclusivité sexuelle et/ou sentimentale à mal). Oui bien sûr que ça me fait un mal de chien. Bien sûr que la sensation de couteau planté dans le dos je l’a ressens bien comme il faut, au sens propre comme au sens figuré. Bien sûr que je me sens comme un tas informe et dégueulasse qui est moche, qui pue et qui n’a aucun intérêt. Bien sûr qu’il me faudra du temps pour soigner mon ego et mon estime de moi qui seront devenus inexistant. Bien sûr qu’il me faudra des mois, voir, des années pour cesser d’avoir cette pensée à chaque fois que je serais avec lui : « Peut-être qu’il préférait être avec une autre qu’avec moi. Peut-être que c’était parce que elle ou n’importe qu’elle autre n’était pas dispo ». Et oui la brûlure du mépris va chauffer pendant un moment.

Mais le vrai mépris. La vraie destruction de son ego, de son estime, je sais ce que c’est…

<C’est quand un homme te crache dessus. Quand il t’insulte. Quand il t’envoie son poing dans la mâchoire. Quand il te met des coups de pieds dans les côtes alors que tu es recroquevillée par terre. Quand il te dit que tu n’es qu’une merde. Qu’un vide-couilles qui ne devrait pas avoir le droit de parler. Et qu’il fini par te violer puis te balancer inconsciente dans une benne à ordures>.
Un homme qui trompe ça n’est pas du mépris. C’est juste de l’égoïsme. Je ne me sens pas victime quand on me trompe. Je suis seulement un dommage collatéral dont le mec n’a rien eu à foutre quand il avait son pantalon sur les chevilles. Il ne me veut pas de mal, c’est simplement que je cesse d’exister à ses yeux. Il n’y a pas d’acharnement direct contre moi. Juste un homme qui a eu ses neurones qui ont dégringolés quelques mètres plus bas en ignorant tout ce qui existait autour… ?Donc oui mon ego est touché, normal ! Mais la vraie structure de qui je suis ne doit pas être atteinte. Elle l’a été précédemment alors je suis apte à faire la différence.


    Mes traumatismes ne m’empêche pas d’aimer « pour de vrai ». Au contraire, je pense n’avoir jamais été aussi sincère avec moi-même et les autres dans mes sentiments. Parce qu’après avoir vécu de telles chose, il faut beaucoup de courage et il faut surmonter beaucoup de peurs pour donner à nouveau son amour et sa confiance de façon pure et entière. Seulement ces traumas m’aident à relativiser. Il me permettent de passer sur beaucoup de petites douleurs tellement j’ai connu pire…
La pire des souffrances n’effacent pas toutes les autres, mais elle permet d’avoir un point d’ancrage et de comparaison pour savoir ce qu’il nous est possible de supporter encore.


 

 



03/12/2018
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 22 autres membres