Pouffe mais, point trop n'en faut !

Pouffe mais, point trop n'en faut !

#PayeTaLicorne (et sors de ta prison)


                   (Les mots prison) Quand on est malade, handicapé, différent pour une raison ou une autre et donc, en marge de la société, nous avons tôt fait de nous coller des étiquettes. Soit parce que nous les avons entendu pour d’autres, ou pour nous, ou parce que ça plane dans l’air d’une société conformiste. Mon mot tatoué sur mon front c’est « boulet ».

Je suis un boulet parce que je suis malade. Parce qu’il y a plein de choses que je ne peux plus faire. Parce que ma vie est radicalement différente de celle communément attendu chez une femme de mon âge. Parce que lorsque l’on souhaite faire une sortie avec moi, il faut s’adapter à moi. De mon côté, je ne peux plus m’adapter à personne même avec toute la bonne volonté du monde. Cette situation fait que souvent je suis à l’écart du monde. Que je sors peu à peu de mon propre monde auquel j’étais habitué pour entrer dans un monde beaucoup plus solitaire et silencieux. Je crois que cette mise de côté volontaire (parfois) ou subis (souvent) c’était ce qu’il y avait de plus difficile à vivre. Être le vilain petit canard qui restera toujours gris sans aucun espoir d’avoir une jolie couleur appréciée des autres me rongeait plus que ce que je voulais bien me l’avouer.

Bien sûr, je n’oublie pas mes proches du coeur qui eux ne me renvoient pas du tout cette image de moi. Qui s’adapte à moi sans rechigner et sans difficultés apparentes. Mais comme toujours, venant de ceux que l’on aime on a tendance à trouver cela « normal » parce qu’ils nous aiment eux aussi et qu’on sait qu’ils seraient prêt à nous accepter sous n’importe quelle forme. Bien évidemment, il serait intelligent d’y prêter beaucoup plus d’attention et de le vivre mieux que cela. Mais ça j’y reviendrais dans un prochain article !? Néanmoins parfois quand c’est l’ego, l’estime de soi, l’amour de soi qui sont touchés, il faut des mots simples et bien précis. Une phrase évidente et basique peut permettre d’assimiler nettement mieux les kilos d’attentions et de gestes du quotidien.

C’est ce qu’il s’est passé pour moi il y a quelques jours. Au détour d’une conversation suite à un jeu « Une semaine dans la peau d’un SED », une phrase dans un com m’a laissé sans voix. J’ai du relire plusieurs fois pour bien comprendre ce qui était écrit tellement cette tournure d’esprit était complètement inédite et inexistante dans ma tête…
« C'est super important de pas être un boulet pour qqn.e qui a à gérer une maladie chronique invalidante si en plus autour on fait pas d'efforts, on ajoute à la pénibilité »
Pour la première fois de ma vie, non seulement JE n’étais pas le boulet mais, surtout, on craignait d’être un potentiel boulet pour moi. Ça n’était plus forcément moi le problème. On prenait la responsabilité d’être un problème pour moi. En fait, que quelqu’un ne prenne pas sur ses épaules le poids de mes incapacités mais accepte de faire partie du problème et d’être aussi « vilain petit canard » que moi c’était rééquilibrer mon existence dans la société. Me permettre de retrouver ma place au milieu des autres. Ne plus avoir une forme de supériorité (pas malsaine, mais supériorité de valide quand même) sur moi.
Je ne sais pas quoi dire de plus, de mieux… Cela fait quelques jours maintenant et malgré tout, en écrivant cela j’ai encore la petite larme jaillit de mon coeur qui perle. Cette personne m’a foutu une licorne sous le nez et j’ai vraiment du mal à m’en remettre ! Peut-être juste un conseil : les actes c’est le top ! Mais parfois dans les tréfonds du gouffre du marasme de l’enfer, une phrase simple, claire et concise peut-être mieux comprise et entendu que tout autre chose…

NB: j’ai conscience que certaines personnes font déjà leur max pour moi, et ça n’est pas un écrit pour leur mettre sous le nez un manque de leur part. Je relève simplement un plus qui a illuminé ma vie et qui s’ajoute à tout ce que eux font déjà pour moi et qui me comble de joie et de bonheur. Si en plus, ça peut permettre à d’autres de trouver les bons mots dans une situation similaire…

Merci à Maeve.

 



27/01/2019
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