Pouffe mais, point trop n'en faut !

Pouffe mais, point trop n'en faut !

Quand la vie se dissout


 Par quoi commencer ?

J’aurais pu mourir il y a quelques semaines.

Ça fait peut-être un peu mélodramatique qui tend à vouloir faire pleurer dans les chaumières… Pourtant c’est la vérité. Même à moi ça me fait tout bizarre de dire cela.

« J’ai failli mourir » ça peut sembler être la phrase pour faire son intéressante, pour attirer l’attention. Ça peut limite faire sourire. Et puis on aurait envie de répondre un peu par dessus la jambe « Ouais bon, tu as failli mais ça n’est pas le cas. Pas de quoi en faire un drame et au final tu es vivante, soit heureuse de la chance que tu as eu ! ». Sauf que c’est à partir du « sois heureuse de ta chance » que le bat blesse. Je ne vois aucune chance ni aucun bonheur qui pourrait découler de ça.

Il y a quelques années j’avais aussi failli mourir. Sous les coups et par étranglement. J’en étais sortis comme une tigresse. J’étais révolté qu’un conn*rd ait voulu décider de ma vie ou ma mort. J’avais plein de choses à vivre, à voir, à apprendre. J’avais des ami.e.s que j’aimais. J’avais une vie que je voulais poursuivre. Alors je me suis battue, je me suis armée comme jamais. J’ai testé mes propres limites. Ma vie est devenue une sorte de hurlement hargneux. Mais aujourd’hui ça n’est pas la même chose. Je suis une sorte de sac complètement vide. Il y a plus d’un an, j’avais enfin compris la perte de mon bébé qui datait d’il y avait des années en arrière. Je l’ai vécu comme une sorte d’amputation d’un bout de moi. J’avais comme un trou béant dans le coeur. Du vent qui passait au travers de moi. Je ressentais cette souffrance aigüe par tous les pores de ma peau. Aujourd’hui il n’y a rien d’autre que du vide. Je ne souffre pas. Je ne me débat pas. Je suis encore moins révolté. Je n’ai qu’une seule question : « Pourquoi je ne suis pas morte ? »

Si j’étais morte il y a 4 semaines, je n’aurais pas été responsable. Mes proches auraient pleurés 5 minutes et ils auraient poursuivis leur vie. Personne n’aurait pu être blessé. Pas comme lorsque l’on se suicide ou l’on a tout le poids de l’incompréhension, de la colère, et le sentiment d’abandon de ceux que l’on aime. Alors, oui, c’est horrible à entendre, je pense, mais j’ai vraiment l’impression d’être passé à côté d’une chance. La chance d'avoir enfin la paix. D'être enfin sereine. De ne pas avoir à décider de mon avenir ou non. De ne plus être dans cette incertitude d'avoir la force de rester debout face à un avenir que je ne choisis que très peu. J'ai cette sensation que mon corps est de trop. Que mon âme est étouffée par l'ignorance et la douleur. C'est tellement difficile de trouver sa place. Je ne sais même pas si je souhaite en avoir une. Dire tout cela est important. J’ai besoin d’avouer que j’aurais vraiment aimé mourir.
On s’en fout de savoir si c’est parce que je suis vraiment trop fatiguée ou si c’est parce qu’à ce moment j’ai souffert le martyre tout en gardant le sourire. J’ai simplement besoin de me l’entendre dire. Ou dans le cas présent de me le voir écrire. Parce que ça n’est pas toujours possible de sauver la face. Ça n’est pas humain de toujours penser au fait que l’on va blesser son entourage. La vérité n’est pas mauvaise ou à ne pas dire. Elle existe c’est tout.

La vie, ma vie, me semble insipide et insignifiante. Je fais des choses, par habitude. Parfois par envie. Mais ça ne change rien au fond. J’ai l’impression d’avoir fait le tour. Mais ça n’est pas grave. Peut-être que ça reviendra. Peut-être que je vais réussir à retrouver ce truc que j’ai perdu. Cette chose qui m’a abandonnée et qui faisait que je voyais ma vie comme dans des lunettes qui amélioraient tout. À présent je suis dans le gris, dans le brouillard. Dans une sorte d’état comateux éveillé. Je ne ressens rien. Rien ne m'atteint. Ou pas longtemps. Même le positif que je perçois comme tel, j'ai l'impression de le salir. Tout se transforme sous mes yeux. Mais c’est ok. Le plus important c’est de dire… Pour que ça sorte. Pour ne plus que ça pourrisse à l’intérieur. Pour exister quelque part. Pour prendre vie là ou la vie n’est plus. C’est grâce à ma thérapeute que j’écris cela. Parce qu’elle a failli pleurer face à mon sourire et ma désinvolture. Puis à mon effondrement soudain. Elle m’a dit que ce que j’avais vécu était d’une violence extrême. Que ça n’était pas automatique de reprendre pied dans la vie avec la joie chevillé au corps. Que j’avais besoin de repos. De beaucoup de repos. Je ne savais pas. Je n’avais pas conscience. Mon corps à compris la violence mais pas moi qui était bien trop occupé à montrer à tout le monde à quel point j’allais bien, à quel point je remontais la pente à la vitesse lumière, à quel point j’étais insubmersible. Sauf que tout comme le Titanic, il y a l’apparence et la réalité en dessous.


      Je n’aurais qu’un seul conseil à vous offrir : ne vous cachez pas vos propres blessures… Ça peut faire mourir physiquement mais surtout mentalement. Osez dire ce qu’il se passe en vous. Osez ainsi VOUS dire ce qu’il se passe en vous. Osez braver votre peur de faire fuir les gens à cause de votre souffrance. Osez être qui vous êtes pour de vrai. Osez prendre soin de vous.

Ps : je ne sais pas si cet article est vraiment bien construit, compréhensible et si il apportera quelque chose. S'il il m'apportera quelque chose à moi. Peut-être du poison qui sort...


 



13/06/2019
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