Pouffe mais, point trop n'en faut !

Pouffe mais, point trop n'en faut !

Tout ce que les gens en difficulté pensent mais, n'ont jamais osé dire à leurs "amis"...

 

 

 

 

  Aujourd’hui, je voudrais que ce texte me permette d’enfin extérioriser tout ce que j’ai sur la patate mais aussi, qu’il serve à tous ceux d’entre vous qui ont déjà été face au mur de l’incompréhension de leur entourage. Une sorte d’exutoire collectif en quelque sorte ! Je sais que je ne suis pas seule dans cette situation où vous vivez quelque chose d’assez grave pour vous pourrir la vie et que vous vous sentiez seul et démuni face aux réactions peu appropriées des autres.

 

Donc, quand ça va mal pour une quelconque raison (maladie, deuil, suicide, problème d’adaptation dans la société, etc…) nous ne nous attendons pas à ce que tout le monde cesse de vivre pour venir geindre de concert avec nous. Ça serait ridicule et totalement infécond. Par contre, un vrai « comment vas-tu ? » avec une véritable attente de la réponse serait le bienvenue. Je ne parlerais que de mon cas puisque c’est ce que je connais le mieux ! Je suis malade depuis quelques années maintenant. Et bien, je puis vous dire que les réactions des gens sont dix fois plus éreintantes que la maladie elle-même !

 

Je suis fatiguée des « Comment ça va ? » de politesse auxquels je répond invariablement par un laconique « je suis fatiguée » ce à quoi six fois sur dix l’on me répond « Ah bon, pourquoi ? ». Alors dans les bons  moments, je réponds patiemment « je suis malade, comme toujours depuis bientôt cinq ans… (au cas ou tu serais passé à côté de la nouvelle…) ». Mais, quand je suis vraiment mal et que cela fait plus d’une semaine que je vais aux toilettes plus de vingt fois par jour en ayant l’impression d’avoir une tourista carabinée doublé de sang qui jaillit de partout d’où l’on ne voudrait pas, j’ai simplement envie de répondre « Pourquoi tu me poses la question ? Il est visible que tu n’en a rien à foutre de la réponse, sinon tu aurais retenu depuis longtemps ! ».

Non, la bonne réponse c’est (quand on est ami proche et que l’on sait de quoi l’autre cause) « Ah mince, tu vas plus mal ? ». 

 

C’est vrai que bien souvent les gens ne veulent pas aller plus loin dans le questionnement de peur que nous leur déversions sans fin nos malheurs dans le tuyau de l’oreille. Je ne dirais pas que cette attitude pue la bienveillance, mais il est vrai que, certaines personnes peuvent être relativement casse-burnes quand elles vous racontent leur vie. Pour ma part, je suis d’un positivisme acharné. Je dis les choses vite fait, et hop on passe à autre chose. Donc, rien à craindre niveau « bureau des pleurs ».

Autre chose aussi. L’on me demande souvent ce que je fais de mes journées… C’est d’une indélicatesse et d’un mépris profond (surtout quand c’est demandé avec une pointe d’ironie). Est-ce que je vous demande ce que vous faites vous, quand vous avez un thermomètre coincé dans le séant ? Alors pourquoi, on me le demande de manière aussi abrupte à moi hormis pour me faire comprendre que l’on ne croit pas à ma maladie… « Mais, je glande ! Pourquoi, que pensez vous que je fis d’autre ?!? ».

 

De plus, malgré mon jeune âge, qui devient avancé, je suis devenue assez blasée socialement. C’est-à-dire que je n’attends rien de personne. Tout ce que je j’attends, c’est que l’on ne m’emmerde pas. Quand les gens sont gentils et qu’ils me donnent quelque chose, je prends et j’essaye de rendre la gentillesse autant que faire ce peu. Mais, j’ai appris très tôt  que je vis dans un mode d’égoïste. Par contre, ma mère a plus de mal avec cette notion… Elle, c’est le genre à compatir sans arrêt pour tout le monde dès qu’on lui raconte une petite merde. Elle est le style à mal dormir quand elle s’inquiète pour ses amies. Comme la fois ou une « amie » est devenue hystérique (et irascible) quand elle a pensé avoir un cancer. Elle n’étais sûre de rien que déjà elle partait en live sur toutes les misères qui allait l’attendre et sa fatigue illimité. Au final nous avons eu le droit à un beau cancer fantôme pour lequel ma mère s’est inquiétée pour rien ! Idem quand il y a eu un problème avec leur môme qui s’était fait tabassé. Ma mère a suivi leur inquiétude de près. Tout ça pour se ramasser dans la gueule quand moi, j’ai quitté ma scolarité pour faire des cours par correspondance : « Nous au moins, nous n’en sommes pas encore à prendre le CNED ». Hahahaha, Dieu que nous avons ris de bon cœur ! Vive le soutien et l’empathie ! Il y a eu aussi la fameuse fois de l’accident. Pour mon accident de voiture, c’était marrant, nous avons eu le droit à la petite blaguounette de la journée. Par contre quand c’est son homme qui a eu un accident, alors là, les plaisanteries n’ont plus eu cours…. Je continuerais bien comme cela dans les exemples car ils sont nombreux, mais je pense que vous avez bien compris le délire… !

 

Tout cela pour dire, que moi, ça me déchire le cœur quand après toute cette inquiétude stérile pour les autres, l’on dit à ma mère « qu’il est inutile de s’inquiéter » pour ma maladie. Non mais, quelle personne sensée dit à une mère de ne pas s’inquiéter pour son enfant ?? Quel monstre sans cœur serait ma mère, si elle continuait de faire son petit jardinage plutôt que d’être à mon chevet à me veiller pendant que j’étouffe sous les crampes intestinales et les nausées, recouverte de sueur ? Après des veillées pareilles, nous nous attendrions à un tout petit peu de compassion. Plutôt que des phrases bateaux et surtout emplies de stupidités du style : « Le soleil brille, les petits oiseaux chantent et les fleurs poussent : il ne faut pas l’oublier ! ». Ou encore la savoureuse phrase que tout le monde ferait mieux d’oublier plutôt que de la seriner à toutes les sauces, dans des moments malvenus : « Après la pluie le beau temps ! ». Diantre, le prochain connard qui me l’a sert celle-là, il n’aura pas intérêt à venir frapper à ma porte le jour ou son conjoint mourra ou son enfant se suicidera, ou que sais-je encore !

 

Je ne comprends pas ce manque de tact et de délicatesse. Ou tout simplement, ne serait ce pas un manque d’amour envers son prochain ? Parfois je tends à croire que ces phrases, dites chez certaines personnes, ne sont que le reflet de leur méchanceté condescendante. Parce qu’on le sait que la vie continue et qu’il y a de belles choses. Je suis la première à en profiter et à dire qu’elles existent. Mais, cela ne fait pas tout. Nous avons beau voir les merveilles et nous occuper du sort d’autres qui sont mal aussi, ou nous occuper de l’environnement (qui part en sucette aussi), ou de la protection animale ; enfin, sortir de notre bulle quoi, ça n’est pas pour autant que nos maux disparaissent… Et il faudrait aussi cesser de confondre humour et sarcasme… L’humour c’est le fait de faire de la dérision sur soi-même. Le sarcasme qui s’apparente à de la méchanceté, c’est rire de ce qu’il se passe dans la vie des autres. En d’autres termes : c’est du bête foutage de gueule…

L’amitié généreuse et bienveillante serait attendue… Mais peut-être, certaines personnes sont dans l’impossibilité émotionnelle de l’a donner.

 



17/08/2012
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