Pouffe mais, point trop n'en faut !

Pouffe mais, point trop n'en faut !

Un miroir...

    Il y a quelques jours, j’ai vécu un « petit » événement crève-cœur… J’ai assisté impuissante à l’agonie d’un pigeon.
Oui, je sais, pour beaucoup d’entre vous, vous penserez que ça n’est rien et que cela ne mérite pas un article. Mais… pour moi c’est important.

Alors non, je ne connaissais pas ce malheureux pigeon auparavant, nous n’avions pas été boire des coups ensemble, mais il a suffi d’une demi-seconde pendant laquelle j’ai pu voir son affolement face à son incapacité à s’envoler quand la voiture est arrivée. Je n’ai pas pu fermer les yeux au moment du choc.
Ensuite il était à terre en train de battre des paupières. J’ai vu le coup où j’allais devoir le tuer pour abréger ses souffrances. Et cela me semblait inconcevable. Heureusement pour moi, et pour lui, il a fermé les yeux et c’était fini. Je n’ai que pu le ramasser pour le mettre au pied d’un arbre.
J’aurais aimé pouvoir faire plus que de rester planté face à lui à attendre de voir son petit œil se fermer. Je voulais le prendre contre moi, le rassurer, pouvoir lui mentir et lui dire qu’il ne souffrirait pas…

 

Voilà, rien que de vous raconter cela et j’ai les larmes qui me bouchent la vue… Je suis sensible c’est vrai. Mais je dois me rendre à l’évidence : ça n’est pas la seule raison. Je me suis identifié à ce pauvre volatile…
Voir la tâche de sang grandir sous son ventre m’a ramenée à ma propre condition, ma propre douleur, ma propre peur du sang, de la souffrance et de la mort. Ma mort…
Je n’ai pas peur de mourir. Je n’en ai d’ailleurs jamais eu peur, même les fois ou cela aurait pu être relativement imminent. Je n’ai pas de pensées du style « Je suis trop jeune. C’est injuste. Je n’ai pas fait tout ce que j’aurais dû ou pu. Etc... ». Je ne me sens pas suffisamment importante pour avoir la conscience que je pourrais éventuellement manquer à qui que se soit. Chez moi, ça n’est que la continuité normale de notre statut d’être vivant. Donc, pas de quoi faire un fromage de ma mort !

Mais ce jour-là, tout ce qu’il y avait sous mes yeux tout autant que dans ma tête, c’était la peur et la douleur. La peur d’être piégé. Que « quelque chose » change le Destin. Pour ce pigeon c’était cette maudite voiture et pour moi c’est ma maladie. Dans les deux cas, il n’y a rien à faire. Lui et moi sommes à la merci d’un conducteur et de médecins. Je suis comme ce pigeon : j’ouvre de grands yeux face à l’idée que je ne peux rien faire.
Quand la douleur m’assassine, je ne puis rien faire d’autre que d’attendre. Je ne peux même pas pleurer car les larmes me brûlent mes plaies aux joues. J’aimerais que quelqu’un me caresse doucement la tête comme je l’ai fait avec le pigeon… Et en même temps, je sais que je ne le tolérerais pas tellement ma maladie et ma souffrance me font honte… Ma mère et le Chat me reproche de ne pas assez parler de ce que je vis. Mais je ne peux pas. Sauf quand un pigeon meurt sous mes yeux…

Dors bien joli petit pigeon, tu as fait quelque chose de grand : tu m’as permis de pouvoir enfin extérioriser ma tristesse et ma frustration. 

 

Pigeon.jpg



15/11/2013
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